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    Madagascar

    Andry Rajoelina, le jeune homme pressé

    par Olivier Rogez

    Article publié le 18/03/2009 Dernière mise à jour le 18/03/2009 à 17:33 TU

    Andry Rajoelina.(Photo : Siphiwe Sibeko/Reuters)

    Andry Rajoelina.
    (Photo : Siphiwe Sibeko/Reuters)

    Andry Rajoelina n'a que 34 ans, mais il a déjà compris une chose essentielle dans la politique malgache : les échelons inférieurs se gravissent dans les urnes, mais le pouvoir suprême peut se gagner grâce à la rue.

    En 1972, en 1991 et en 2002, ce sont à chaque fois des mobilisations populaires qui ont entraîné un changement de régime. Et en matière de mobilisation, le jeune homme s'y connaît parfaitement.

    Fils de militaire issu d'un milieu modeste, Andry Rajoelina a commencé sa carrière en organisant des concerts et des soirées dansantes très courues du tout Tana. Puis il est passé à la communication en créant une société de marketing et de publicité. En décembre 2007, il fait une entrée fracassante sur la scène politique en remportant la mairie d'Antananarivo. Au passage il gagne un surnom, « TGV », et inflige sa plus grosse défaite au président Ravalomanana.

    Les deux hommes au parcours si semblables auraient pu devenir alliés, mais le choc des ambitions est trop fort. Ravalomanana n'accepte pas la perte de la mairie, lui qui s'en est servi en son temps de marche-pied dans la conquête du pouvoir. Fin 2008, les deux hommes entrent en conflit ouvert.

    Marc Ravalomanana fait fermer la télévision d’Andry Rajoelina qui avait diffusé une interview de l'ancien président malgache Didier Ratsiraka. Au fil des semaines, Andry Rajoelina, d'abord isolé, mobilise la rue.  Il reçoit l'appui des figures historiques de l'opposition malgache. A tel point que beaucoup se demandent si le jeune homme n'est pas manipulé. Symbole du changement, il va désormais devoir démontrer qu'il peut être l'artisan de la transition.

    Marc Ravalomanana , l'espoir déçu des malgaches

    par Olivier Rogez

    Article publié le 18/03/2009 Dernière mise à jour le 18/03/2009 à 16:25 TU

    Marc Ravalomanana.(Photo : Walter Astrada/AFP)

    Marc Ravalomanana.
    (Photo : Walter Astrada/AFP)

    Marc Ravalomanana, un président devenu inacessible et autoritaire L'histoire avait bien commencé. Un jeune homme moderne, entrepreneur dynamique, libéral. Un self-made man devenu en quelques années prince de l'agrobusiness malgache. Un homme ouvert sur les Etats-Unis, issu du peuple, bref, à mille lieux des politiciens du marigot. Marc Ravalomanana, petit laitier devenu grand patron avait tout pour séduire. Son discours, emprunté à Franklin Roosevelt, son attitude de jeune cadre dynamique et surtout son charisme. En 1999 il remporte sans coup férir la municipalité d'Antananarivo. En 2001, il lui faudra batailler de longs mois pour faire admettre au monde entier la défaite du président Didier Ratsiraka. Madagascar change alors d'époque. L'entreprise privée devient le seul dogme et les mots « enrichissez-vous » résonnent comme un slogan. Mais très vite les Malgaches déchantent. Les richesses ne profitent qu'à une petite caste et le président a tendance à confondre intérêts publiques et intérêts privés. « Ses entreprises sont les premières servies », accuse l'opposition. Dans le même temps le régime se durci. La présidentielle de 2006 se déroule dans des conditions douteuses. L'opposition est tenue à l'écart des médias publics et l'autoritarisme fait son apparition. Le jeune dirigeant ambitieux se transforme en président autoritaire. Dans le même temps , l'écart riche-pauvre se creuse. C'est sans doute ce dernier point qui a finit d'user la patience des Malgaches.

     

     


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