• communiqué de la Haute autorité de transition

    Communiqué de la Haute Autorité de Transition

    La transcendance du pouvoir politique sur le droit n’a jamais été aussi oppressante que ces derniers mois. Le mea culpa, et la demande de pardon de Marc Ravalomanana à la télévision le 11 mars 2009 constitue un aveu de la réalité de ces multiples violations constitutionnelles opérées par son régime.

    A ce jour, les forces armées malgaches ont pris leurs responsabilités et n’ont pas voulu souiller l’honneur militaire dans les actes de répressions mission initiés par le régime Ravalomanana, et dans la collaboration avec des mercenaires étrangers.

    Le peuple malgache en a tiré les conclusions et a pris ses responsabilités en demandant le départ immédiat et sans condition de Marc Ravalomanana.

    Les forces armées dans leur totalité soutiennent cette initiative, et accompagnent la mise en place d’une nouvelle direction nationale des affaires du pays ayant pour mission de défendre ce choix du peuple. Nous sommes disposés à réfléchir avec toutes les forces vives de la nation sur le cadre institutionnel dont le pays a besoin pour remettre celui-ci sur les rails, à savoir :

    -1/ en destituant immédiatement les PDS dans tout le pays et en réintroduisant les élus dans leurs fonctions de Maire, les cadres de l’Armée et fonctionnaires écartés, injustement salis ou dégradés.

    -2/ pour réinstaurer la confiance au sein des institutions, il est impératif de libérer ceux qui sont prisonniers politiques depuis des lustres sans motifs valables

    -3/ relancer la machine économique et redistribuer les entreprises à leurs réels propriétaires

    -4/ ne pas se lancer dans une chasse aux sorcières qui aurait le défaut de faire peur à tous et de replonger le pays dans une crise encore plus grave, mais créer une autorité qui sera chargée de faire la lumière sur les crimes et délits passés.

    -5/ favoriser l’agriculture par la création de Banques Populaires qui auront le mérite d’aider à redynamiser ce secteur essentiel du pays pour atteindre l’autosuffisance alimentaire dans un premier temps.

    -6/développer le tissu industriel par la transformation sur place de produits de technologies diverses (pharmaceutiques, alimentaires, petro-chimique,

    -7/ développer le secteur aéroportuaire et maritime (réhabilitations des ports et canal des Pangalane…).

    -8/ développer le secteur hydro-électrique dont ce pays à tant besoin

    - 9/ relancer le secteur de la santé et des hôpitaux, ainsi que le secteur des assurances sociales et caisses de retraite.

    -10/ moralisation du secteur des taxes et impôts.

    -11/ développer le secteur de l’aménagement du territoire

    -12/ le secteur des communications et télécommunications doit être une priorité dans le développement du pays pour le sortir de l’anonymat.

    (Cette liste n’est pas limitative, le scolaire, l’université, les nouveaux métiers) Marc Ravalomanana a toujours privilégié ses intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. Son principal objectif est son maintien au pouvoir afin d’être en mesure d’éviter un redressement fiscal (impôts et douanes), de préserver les privilèges de sa société Tiko dont l’appropriation illicite du patrimoine de l’Etat et de plusieurs personnes privées.

    A ce jour, nul ne peut rester insensible aux risques de guerre civile qu’encourt le peuple malgache, d’où l’importance de cette prise de responsabilités de l’armée. Nous estimons que Monsieur Marc Ravalomanana est déterminé à s’accrocher au pouvoir à tout prix, en toute méconnaissance des revendications populaires quitte à tirer sans scrupules, sur la population malgache comme ce fût le cas le 07 février 2009, faisant état de 50 morts et de 145 blessés.

    Il a cherché par la suite à se dédouaner de toute responsabilité, alors qu’il est le chef suprême des armées. Au lieu de contribuer à un climat d’apaisement favorable au dialogue, il ne cesse de prôner l’escalade vers la violence en cultivant le culte du double langage et en arrosant ceux qui lui sont restés fidèles de masses d’argent volé dans les Banques centrales sous la menace de ses mercenaires, bafouant systématiquement la hiérarchie militaire, et de changer de ministres et de chef d’Etat Major au gré des sympathies du moment envers le Prince.

    Il ne cesse de violer les règles qu’il a lui même instaurées, toujours dans le but d’endormir l’interlocuteur qu’il a en face de lui, tant il est vrai que la communauté internationale qui a fermé les yeux pendant tant d’années a encore du mal à vouloir admettre l’énormité des mensonges de Ravalomanana, cette même communauté internationale qui doit comprendre qu’il est impossible de faire confiance à Ravalomanana qui n’est qu’un tueur, un voleur en bande organisée, un faussaire et un usurpateur et que jamais il ne sera capable d’honorer sa parole, si tel avait été le cas ceci aurait eu lieu il y a longtemps.

    Une fois pour toutes Ravalomanana est passé à côté de l’histoire. Le peuple malgache avec le concours de l’armée a décidé de se libérer du joug d’un dictateur qui ne lui a jamais donné le moindre espoir d’un avenir meilleur.

    Nous invitons la Communauté internationale à faire face à ses engagements en matière de protection des droits fondamentaux portés par la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948. Le peuple malgache n’entend pas récuser ses idéaux au regard du respect de la Constitution. Mais un tel respect exige préalablement que tous les moyens de contrôle des actes politiques soient respectés par le régime en exercice, et qu’il y ait donc une séparation effective des pouvoirs. Cela n’a jamais été le cas, et finalement le peuple n’a eu pour seule alternative que de revendiquer dans la rue ce qui lui est dû, à savoir le respect de ses libertés fondamentales, comme toute Constitution en donne le Droit, à savoir ; de se rebeller contre l’oppresseur.

    L’armée malgache a déclaré, à juste titre, que la Nation malgache est le premier détenteur suprême et naturel du pouvoir, et qu’il est de son devoir premier d’être aux côtés du peuple. Dans cette épreuve que traverse le peuple malgache il est donc légal et naturel que l’Armée soit aux côtés de ses enfants, et doive respecter leur choix en protégeant la Nation contre les ingérences étrangères et la partition du pays voulue par Marc Ravalomanana.

    Le 07 mars 2009, l’expression extrême de la violation de la liberté d’expression a été le saccage sauvage de la Radio Télévision VIVA. Plus que jamais, la démocratie est rangée au rang des oubliettes, et tous les Malgaches et amoureux de la démocratie et de l’Etat de droit doivent condamner cette oppression politique des libertés sans précédent dans l’histoire de notre pays.


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